Studio Stratosphères est une société qui évolue dans le monde de l’édition de jeux de plateau depuis Beaumont dans le Puy de Dôme, elle se cache également derrière la marque de tapis de jeux Wogamat®. Rencontre avec son fondateur, François Pétiard (cliquez-ici pour écouter l’interview en podcast).

Bonjour François, est-ce que tu peux revenir sur ton parcours professionnel ?

FP: Bonjour, oui moi je suis de formation designer produit et packaging. Et j’ai commencé à travailler pour une entreprise dans laquelle je dessinais des produits de bricolage et de jardin. Et je me suis installé en 2007 en montant mon agence de communication sur Clermont-Ferrand. Et puis, j’ai eu des contrats avec des entreprises de la région pour faire de la communication visuelle et un peu de publicité et du packaging. En parallèle de cela, j’ai monté par passion une activité de tapis de jeux en 2013, ou je dessinais et fabriquais des tapis pour jouer aux cartes et aux figurines. J’ai fait quelques salons, une boutique en ligne et la marque a commencé à avoir de la notoriété. J’ai créé une structure à part. J’ai mené les deux bateaux, d’un coté les jeux et de l’autre la communication pour les entreprises. J’ai fait aussi quelques projets de jeux pour les entreprises. Et il y a une grosse année, j’ai décidé d’arrêter la communication pour me consacrer uniquement au développement de cette marque de jeux.

La marque, c’est Wogamat® ?

FP : Oui, la marque de tapis de jeux c’est Wogamat®. Ce sont des tapis de jeux en néoprène et polyester. Des tapis haut de gamme pour les joueurs de cartes et des tapis un peu plus grands pour les jeux de casino, les jeux de plateaux, les jeux de dés. L’entreprise est le Studio Stratosphères qui édite des jeux de société et la marque de plateau de jeux : Wogamat®.

Quelle est selon toi la plus grosse différence entre l’activité d’agence de communication et celle de studio d’édition de jeux de société ?

FP : Aucune. J’utilise les mêmes savoir-faire, les mêmes logiciels , les même compétences et les mêmes méthodologies que ce que je faisais pour les entreprises, mais je les applique au Studio Stratosphères. Dans un développement de jeu, il y a une détermination de la cible, si c’est un jeu pour les enfants ou pour les adultes. C’est comme les plans de communication, si on fait une pub pour les bains de Royatonic ou un vendeur de cigarette, on fait pas le même travail. Quand on fait un jeu, on réfléchit à qui on va s’adresser, on développe une mécanique, car c’est très spécifique au monde du jeu, soit on la développe, soit on le fait avec des auteurs. Après, il y a le packaging du jeu, qui passe par un illustrateur. Et après, il y a tous les éléments du jeu, le livret, la boite, … C’est comme quand je travaillais sur le packaging d’une boite de saucisson, quand la boite de jeu se retrouve dans un rayon, elle va être a coté des autres et il faut qu’elle donne envie de la regarder, qu’elle donne envie de s’intéresser au jeu et donne envie d’y jouer.

Pourquoi tu t’es décidé d’arrêter totalement ton activité d’agence de communication pour uniquement te consacrer à Studio Stratosphères ?

FP : Il y a eu deux déclics, le premier en 2016. Il y a quelques années que je fais des tapis de jeux sur le site tapisdejeux.com et à un moment mon épouse, pour des raisons personnelles et de carrière, elle a eu une année sans activité. Et elle est venue travailler avec moi, car elle s’ennuyait. Et j’ai découvert que d’avoir quelqu’un qui travaillait avec moi sur la gestion et l’expédition des colis, je me suis aperçu que j’avais un peu plus de temps et c’est comme cela que j’ai commencé à trouver un réseaux d’expéditeurs. Ca change la vie ! Le jour au lieu d’expédier tous les tapis un par un , ou tu trouves un distributeur qui va les vendre en magasin, on passe un cap. Là, c’était la vraie première étape. Et puis la deuxième, c’est une prise de conscience, c’était juste avant le confinement, j’ai vraiment passé l’accélérateur et je ne suis jamais revenu en arrière. Car il faut reconnaitre que la pub et la communication est un peu en berne en cette période alors que le monde des jeux se porte bien. Les gens ont envie de se divertir.

Tu retrouves un peu ce coté packaging/communication dans le monde des jeux, et est-ce que toi même tu es joueur ?

FP : Je l’ai été, je le suis encore un petit peu, je joue pas mal avec mes enfants. J’ai l’impression que dans le monde du jeu, il y a peu de gens qui ne soient pas joueurs. Je ne me considère pas comme un gros joueur, mais je connais tout ce qui sort en terme de jeu de société.
Et le coté packaging, c’est le pied car c’est utiliser mes compétences. Et c’est la différence qu’il y a entre le coté prestataire de service et artisan. J’ai eu la chance de toujours avoir des clients qui donnaient des challenges et qui étaient à l’écoute, mais il y a toujours de la frustration car on n’a pas la main sur tout. Mais là, c’est le contraire et quand on voit le produit en magasin, c’est la petite fierté, c’est l’accomplissement, le bébé qui vient de naître.

Pourquoi ce nom Studio Stratosphère ?

FP : Stratosphères avec un « s ». L’univers de l’espace, c’est un truc qui me passionne, l’astronomie, l’espace. ET quand j’ai pu déterminer le nom de l’entreprise, je savais que c’était dans cet univers que je voulais aller. Et le mot stratosphère, j’aimais bien le mot « sphère » et les différentes sphères, facettes. Les projets de communication de Clermont-Fd, ce monde du jeu si diffèrent, mais parfois ça se croise. Et je ne m’interdis pas demain de m’ouvrir à d’autres horizons avec ces facettes.

Peut-être un jeu sur l’espace ?

FP : Très certainement, mais c’est le plus casse-gueule de tous. Ca a la réputation, les jeux de science-fiction, d’espace de ne pas être ceux qui marchent le plus, mais moi cela me passionne. Il faut juste trouver le chemin d’entrée pour que ça intéresse le plus grand nombre.

Studio Stratosphères, c’est un studio de production ?

FP : Non, c’est un studio d’édition. Ce qu’on appelle l’édition, c’est tout le travail que j’ai cité avant, ça commence par le travail avec un auteur. J’ai eu été auteur ou co-auteur sur un jeu. Après c’est le travail d’édition qui consiste à donner une identité visuelle au jeu, donner des règles, déterminer le matériel du jeu, des dés, des cartes, le format de la boite, envisager le prix de la boite au final. Un jeu à 15 euros, c’est pas pareil qu’un jeu à 40 euros. Trouver un fabricant, à quel prix , quel qualité et trouver un distributeur dont le rôle est de distribuer dans un maximum de magasins possible.

Avec qui travaille Studio Stratosphères ?

FP : Il y a quelques projets en direct car on a fait des jeux pour des entreprises. Par exemple, avec la Banque de France, qui voulait son jeu, et qui diffuse dans les écoles pour apprendre aux enfants l’éducation financière. Nous, pour les tapis de jeux, on a la chance de travailler avec Blackrock Games, qui est à 1 km de notre bureau et qui est aujourd’hui N°3 en France de la distribution de jeux de société. Donc une très belle entreprise qui forcement à un grand réseau de points de vente. Et c’est tout naturellement, que notre dernier jeu sortie est distribué par Blackrock Games.

Combien de jeux sont sorties actuellement ?

FP : Alors les jeux grand public, deux et demie, le troisième arrive. On a commencé par RUGBY 15 qui est un petit jeu de rugby, un jeu de cartes pour 2 joueurs, fun, simple et rapide ! Il se trouve dans le réseau de boutiques et librairies spécialisées. Et là, il y a eu peu de temps, il y a eu la sortie de Vélonimo. Un jeu très grands public dont l’auteur est Bruno Cathala, qui est un auteur très réputé dans le monde du jeu, l’illustrateur est Dominique Mertens, un belge que j’ai trouvé en lisant des livres pour mes propres enfants. Et Blackrock Games distribue le jeu dans toutes les bonnes boutiques.

Et quels sont les projets du studio Stratosphères ?

FP : On aime beaucoup les jeux de sport et les licences sportives, car personne n’y va. On a signé un accord de licence et le jeu est prêt avec les 24H du Mans, qui va arriver cet été. Il sera disponible dans le réseau des 24H du Mans et sur les boutiques en ligne. On a une autre licence sportive avec le Tour de France, un jeu de dés, qui devrait arriver en fin d’année au moment de Noël. On essaie de maintenir un maximum de fabrication en France.

C’était le cas de Vélonimo ?

FP : Oui c’est un jeu 100% fabriqué en France ! C’est plutôt rare dans le monde du jeu de société, surtout quand on passe par des réseaux où il y a plusieurs intermédiaires. C’est assez compliqué pour des raisons économiques, mais c’est un vrai pari qu’on a fait. Hormis les cartes, fabriquées dans le Nord (de la France), tout le reste est fabriqué en Auvergne.

Merci François d’avoir répondu à nos questions.

 

Parole de Boognat #4, François Pétiard (Studio Stratosphères)

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