Bus Macron

Alors que la question du transport, notamment en province, est plus que jamais d’actualité, qu’en est-il des bus Macron, lancés en août 2015, pour Clermont-Ferrand et la région ?

Un trio à la tête des bus Macron

Elles étaient nombreuses sur la ligne de départ lors de la libéralisation du marché, avec la possibilité pour les bus privés de parcourir plus de 100 km, par le ministre de l’Économie de l’époque, un certain Emmanuel Macron. Aujourd’hui, elles ne sont que 3 sociétés à se partager le gâteau des transports en autocar en France.

Isilines du groupe Transdev, OuiBus pour la SNCF et l’allemand FlixBus, sont présents dans plus de 300 villes en France depuis cette année 2018. Dans cette guerre des prix, deux compagnies n’ont pas tenu la distance : Megabus racheté par Flixbus et Starshipper désormais OuiBus.

Clermont-Ferrand, pionnière dans le domaine

Clermont-Ferrand a été la première destination de Flixbus en France avec la ligne Paris/Clermont-Fd le 3 septembre 2015.

Alors que la question de l’enclavement de la région est omniprésente côté route, et donc côté bus par conséquent, l’ex-région Auvergne s’en sort plutôt bien. En témoignent les nombreux travaux réalisés sur les différentes autoroutes qui traversent le territoire.

En effet, l’aire urbaine du Grand Clermont se situe à l’endroit d’un nœud autoroutier entre Paris, Montpellier, Bordeaux et surtout Lyon. C’est certainement l’une des raisons du succès des autocaristes dans la métropole clermontoise.

La route, plus forte que le rail et les airs

Cette année, un « collectif » nommé Objectif Capitales  » Mieux connecter la région clermontoise » a vu le jour. Le but est d’unir partenaires privés, publics et associatifs, afin de lutter contre l’enclavement de la région.

Car si la situation est plutôt bonne sur la route, ce n’est pas le cas du ferroviaire et de l’aérien. La liaison Clermont/Paris ou Clermont/Lyon en train est un véritable calvaire, comme le révèlent un certain nombre d’usagers sur les réseaux sociaux depuis plusieurs mois.

Et le hup Clermont Auvergne à Aulnat perd peu à peu de son importance au profit de Lyon Saint-Saint-Exupéry, bien plus gros. Même si les vols pour Paris restent plus que corrects, les trajets vers les autres villes françaises ferment les uns après les autres. Heureusement, des vols vers des destinations européennes voient le jour régulièrement au départ d’Aulnat. Coup sur coup, Amsterdam, Porto et Marrakech sont devenues accessibles depuis l’aéroport clermontois.

Mais, en dehors des vols pour raison professionnelle ou à destination de lieux exotiques, ce n’est pas un moyen de transport rentable en comparaison du bus.

Des tarifs imbattables

Niveau tarif, les « Bus Macron » défient toute concurrence. Niveau ponctualité aussi, les autocars font la course en tête. D’ailleurs, c’est bien le principal reproche qui est fait à la SNCF, d’autant que la ligne Clermont/Paris se détériore d’année en année. Les lignes de train ferment, et dans le même temps Isiline revendique 29 lignes, soit le réseau le plus dense des « 3 ».

Flixbus, quant à lui, couvre plus de 100 villes en France, dont la plus petite ne compte que 3 000 habitants.

Que ce soit Flixbus, Ouibus ou Isiline, les tarifs sont imbattables.

Pour un Clermont-Ferrand/Lyon par exemple :

  1. Flixbus de 6,99 € à 11,99 €
  2. Ouibus entre 12 et 15 €
  3. Isilines plutôt autour de 24 €

Mais avec un taux de remplissage moyen de 30 % selon certaines sources, difficile de rentabiliser des cars de 50 à 55 places à ce prix-là. Des tarifs qui attirent en priorité une population plutôt jeune, mais cela semble évoluer. Il suffit pour cela de se rendre à la gare routière de Clermont-Ferrand pour s’en rendre compte. De plus en plus de personnes, entre 30 et 50 ans, optent pour le transport en bus.

Car, en plus du tarif, les horaires adaptés, la régularité et le confort attirent au-delà des jeunes. Wifi, branchement pour charger son smartphone, autant de délicates attentions qui font mouche pour les voyageurs.

La SNCF, avec la région Auvergne–Rhône-Alpes, vient de rectifier le tir sur la ligne Clermont/Paris, puisque le Wifi gratuit sera opérationnel pour janvier 2019, première ligne Intercités à en être équipée en France.

30 000 voyageurs à la gare routière de Clermont-Ferrand

La gare routière de Clermont-Ferrand, située place des Salins, équipée de préfabriqués est la grande victime du succès des « bus Macron ». Chaque jour, des dizaines de voyageurs attendent de partir dans des conditions difficiles.

Une situation qui devrait prochainement évoluer. C’est difficile depuis 2006 à cet endroit, suite au déménagement de l’ancienne gare routière à côté de la Maison de la Culture, qui laissera place à la Scène Nationale. Il faut dire que cette « nouvelle activité » présente sur cette ville a fait bondir la fréquentation du lieu, avec plus de 30 000 passagers par an sur le site.

Car depuis le 1er janvier 2017, c’est la région Auvergne–Rhône-Alpes qui est en charge de cette prérogative, mais la place reste, évidemment, un espace de la ville de Clermont-Ferrand. Chacun se renvoie donc la balle, et en attendant rien ne bouge.

Flixbus, un modèle « gagnant »

Alors qui de Ouibus, Isilines et Flixbus mène le bal ? Ou du moins qui perd le moins d’argent… ?

Car avec une guerre des prix comme celle actuellement menée par les trois compagnies, il n’est pas facile de trouver le seuil de rentabilité. Le chiffre d’affaires global est de 105 M€ en France en 2017.

Et c’est l’allemand qui s’en sort le mieux, avec un résultat net négatif qui n’est « que » de 5 M€, quand dans le même temps Isilines affiche des pertes à hauteur de 15 M€ pour 30 M€ de CA (15 % de parts de marché). Le record est pour Ouibus (55 M€/CA), avec un déficit de 35 M€…

Il faut quand même noter une différence notable : Flixbus ne possède pas sa propre flotte, il fait appel à des autocaristes locaux indépendants pour ses lignes, contrairement à Isilines et Ouibus.

Mais les perspectives sont bonnes pour le trio de transporteurs. En 2017, 7 100 000 personnes ont voyagé dans leurs bus, soit près de 1 000 000 de plus qu’en 2016. Les chiffres de 2018 devraient suivre la même tendance.

Dernièrement, la start-up BlaBlaCar est entrée en négociations exclusives en vue d’acquérir Ouibus auprès de la SNCF, qui entrerait au capital de la licorne française en échange. L’objectif est clair : trouver des synergies entre le train, le bus et le covoiturage.

Depuis 2015, environ 2343 emplois auraient été créés dans le secteur, principalement des chauffeurs de bus.

De par sa situation géographique, Clermont-Ferrand tient un rôle majeur. En témoigne la 6e place des lignes les plus fréquentées en France en 2017 par la liaison Clermont-Ferrand/Lyon.

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